Carnet de voyage d'une gringo


“Gringo” : mot argotique signifiant “étranger”, souvent utilisé par les sud-américains que j’ai rencontrés.


Vadrouillant en Amérique Latine pendant de nombreux mois, j’ai voulu documenter ce voyage avec mon univers photographique. L’identité de l’Amérique du sud s’apprend et se comprend dans ses rues. Comme une renaissance, loin de mon cocon, j’ai vu le monde à travers des yeux nouveaux ; je suis partie dans tous les sens, me perdant pour finalement mieux revenir à l’essentiel.


Dans un décor désordonné, vivant et coloré, mon regard égoïste ne veut pas capturer des beaux instants car ils doivent rester secrets et cachés. Facilement déconcentrée, je m’attarde alors sur des détails qui paraissent à première vue inintéressants. Loin des préjugés européens, j’ai appris à m'intéresser à de petites choses que personne n'aperçoit. Les périples nous rendant plus humble et plus tolérant, j’ai préféré quitter les routes touristiques pour les sentiers utilisés par les locaux.


Avec le temps, un véritable syndrome d’occidental me rattrape, m’obligeant à vouloir trouver, systématiquement, le lien mystérieux et mystique qui unit les choses. Les photos des diptyques, homogènes, ne sont pas capturées au même endroit, ni dans la même ville, et même parfois pas dans le même pays. Je souhaite faire réfléchir le spectateur sur la véracité du monde de l’image ; notre oeil ayant tendance à juger trop vite, j’oppose ici deux instants différents et lointains. Mes souvenirs se teintent de nuances diverses et variées ; ces prises de vue distinctes sont réalisées dans un espace-temps ouvert qui débouche sur un rapprochement des différents sujets photographiés.

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